Le Napoléon 20 francs est la pièce d’or la plus connue et la plus échangée en France. On le trouve dans les héritages, les boîtes à bijoux de famille et chez les négociants en métaux précieux. Avant d’en acheter ou d’en revendre, mieux vaut connaître ses caractéristiques, la manière dont son prix se forme et la fiscalité applicable en 2026.

Cet article est informatif : il ne constitue pas un conseil en investissement. Les montants et taux cités sont ceux connus à la date d’octobre 2026.

Les caractéristiques du Napoléon 20 francs

Le terme « Napoléon » désigne par extension toutes les pièces françaises de 20 francs or frappées entre 1803 et 1914, dont le standard a ensuite servi de référence à l’Union latine à partir de 1865. Leurs caractéristiques sont identiques :

  • poids total : 6,45 g ;
  • titre : 900 millièmes, soit 90 % d’or et 10 % de cuivre ;
  • or fin : environ 5,81 g ;
  • diamètre : 21 mm.

On distingue plusieurs types selon les époques : Napoléon Ier (Bonaparte Premier Consul puis Empereur), Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe, Napoléon III (tête nue ou tête laurée, comme sur la pièce de 1869 en photo), Génie de la IIIe République et Marianne Coq, frappée jusqu’en 1914. Il existe aussi des refrappes de la Marianne Coq réalisées au XXe siècle.

Le titre de 900 millièmes rappelle celui de nombreux bijoux anciens. Pour comparer avec l’or des bijoux, nos repères sur l’or 9, 14 ou 18 carats aident à s’y retrouver dans les poinçons et les puretés.

Comment se forme le prix d’un Napoléon

La valeur d’un Napoléon courant repose sur deux éléments.

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La valeur intrinsèque, d’abord : 5,81 g d’or fin multipliés par le cours de l’or au gramme. Le cours de l’or varie chaque jour, il faut donc toujours raisonner avec une cotation datée.

La prime, ensuite : l’écart entre le prix de marché de la pièce et sa valeur en or. Elle reflète l’offre et la demande. Le Napoléon étant très recherché par les particuliers français, sa prime peut monter en période d’incertitude et redescendre quand le marché se calme.

Pour les pièces rares (millésimes peu frappés, ateliers recherchés, très bel état de conservation), la valeur numismatique peut largement dépasser la valeur de l’or. Dans ce cas, l’avis d’un numismate professionnel s’impose avant toute vente.

Acheter et revendre : les précautions

  • Achetez auprès de professionnels identifiés et conservez systématiquement la facture : elle conditionne le régime fiscal à la revente.
  • Vérifiez l’authenticité : les faux existent. Poids, diamètre, aspect et son sont des premiers indices, mais seul un professionnel équipé peut garantir une pièce.
  • Évitez de nettoyer vos pièces : frotter un Napoléon peut faire perdre sa valeur numismatique.
  • Comparez les prix de rachat de plusieurs négociants, frais et commissions compris.

La fiscalité de la revente en 2026

En France, la cession d’or d’investissement par un particulier relève de deux régimes au choix, selon les justificatifs dont on dispose.

La taxe forfaitaire sur les métaux précieux

C’est le régime par défaut. Elle s’élève à 11,5 % du prix de cession total (11 % de taxe et 0,5 % de CRDS), que vous réalisiez une plus-value ou non. Le négociant la prélève directement lors du rachat. Elle s’applique notamment quand on ne peut pas prouver la date et le prix d’acquisition, ce qui est fréquent pour des pièces héritées sans document.

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Le régime des plus-values

Sur option, si vous pouvez justifier de la date et du prix d’achat (facture, acte de succession ou de donation mentionnant les pièces), seule la plus-value est imposée. Le taux global était de 36,2 % jusqu’en 2025. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur ces plus-values : selon les professionnels du secteur, le taux global atteint 37,6 % pour les cessions réalisées à compter du 1er janvier 2026 (19 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux).

Ce régime prévoit un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième année, ce qui conduit à une exonération totale après 22 ans de détention.

Le choix entre les deux régimes dépend du prix d’achat, de la durée de détention et des justificatifs. La fiscalité évolue régulièrement : vérifiez les règles en vigueur sur impots.gouv.fr ou auprès d’un conseiller avant toute cession importante.

Le Napoléon, un placement ?

Le Napoléon est souvent présenté comme une manière accessible de détenir de l’or physique, grâce à son petit format et à sa grande liquidité en France. Comme tout actif, il comporte des risques : le cours de l’or peut baisser, la prime peut se réduire, et il faut tenir compte des frais d’achat, de stockage et de la fiscalité. Nous revenions sur ces questions dans notre article l’or est-il toujours un bon investissement. Comme pour tout projet patrimonial, la décision dépend de votre situation personnelle, et un conseiller indépendant peut vous aider à la mettre en perspective.