Les montres de luxe sont devenues, pour de nombreux collectionneurs et épargnants, un véritable actif tangible, au même titre que l’or ou l’art. Mais toutes ne se valent pas : certaines références s’échangent bien au-dessus de leur prix neuf, quand d’autres perdent une part importante de leur valeur dès la sortie de boutique. Comprendre ce qui fait la cote d’une montre est la première étape avant d’envisager ce type d’investissement. Les chiffres cités ci-dessous datent d’octobre 2026.

Où en est le marché des montres d’occasion en 2026

Après l’emballement de 2021 et 2022, le marché secondaire a connu une correction sévère. L’indice global de WatchCharts, calculé avec Morgan Stanley, a reculé de 10,7 % en 2023 puis de 6,1 % en 2024, avant de repartir à la hausse avec un gain de 4,9 % sur l’ensemble de 2025.

La tendance s’est poursuivie en 2026. L’indice a progressé de 1,9 % au premier trimestre, puis de 1,2 % au troisième trimestre, soit une hausse de 8,3 % sur un an selon le rapport Morgan Stanley et WatchCharts publié le 15 octobre 2026. La reprise reste toutefois très inégale : au troisième trimestre, A. Lange & Söhne gagne 4,4 %, Vacheron Constantin 3,1 % et Patek Philippe 2,6 %, tandis que Rolex ne progresse que de 0,5 %, sa plus faible hausse depuis sept trimestres. Le nombre de montres proposées à la revente a aussi augmenté de près de 20 % sur un an pour les six grandes marques étudiées.

Ces chiffres illustrent deux réalités : les montres peuvent prendre de la valeur, mais elles connaissent aussi des cycles, parfois marqués.

Lire aussi :   L'or est-il toujours un bon investissement?

Les critères qui font la valeur d’une montre

La marque et la référence

Le marché est extrêmement concentré. Une poignée de maisons, Rolex, Patek Philippe, Audemars Piguet et quelques autres, captent l’essentiel de la demande sur le marché secondaire. Et au sein d’une même marque, les écarts sont considérables. Selon les données relayées pour le deuxième trimestre 2026, l’Aquanaut et la Nautilus de Patek Philippe s’échangeaient en moyenne nettement au-dessus de leur prix public, quand la Calatrava, plus classique, affichait une décote d’environ un tiers. Chez IWC, les modèles suivis se revendaient en moyenne environ 41 % sous le prix neuf au troisième trimestre 2026.

La rareté et la difficulté d’achat neuf

Les références produites en petite quantité, ou difficiles à obtenir en boutique, sont celles qui se valorisent le plus. À l’inverse, un modèle disponible immédiatement chez tous les revendeurs a peu de raisons de se revendre au-dessus de son prix.

L’état, la boîte et les papiers

Une montre complète, avec sa boîte, sa garantie d’origine et ses factures d’entretien, vaut nettement plus qu’une montre seule. L’état du boîtier compte aussi : un polissage trop appuyé, qui arrondit les arêtes, peut faire baisser la cote d’un modèle de collection. L’historique d’entretien rassure l’acheteur, à condition d’être documenté. Notre guide sur l’entretien d’une montre détaille les bons rythmes de révision.

Le mouvement et le métal

Les montres mécaniques, et en particulier les complications horlogères, sont généralement plus recherchées par les collectionneurs que les modèles à quartz. Pour bien comprendre les différences, voyez notre article montre automatique, mécanique ou quartz. Le métal joue aussi : une montre en or conserve au minimum une valeur liée au métal, ce qui n’est pas le cas de l’acier, même si les modèles acier sont souvent les plus demandés.

Lire aussi :   Bijoux pour femmes pas chers

Les risques à garder en tête

Investir dans les montres n’est pas sans risque, et il faut les connaître :

  • la volatilité : les baisses de 2023 et 2024 rappellent que la cote d’une référence peut reculer fortement en quelques mois ;
  • l’absence de marché organisé : il n’existe ni cotation officielle ni autorité de régulation. Les indices sont des indicateurs, pas des prix garantis ;
  • la liquidité : revendre au bon prix peut prendre du temps, et les intermédiaires prélèvent une commission ;
  • les frais de détention : assurance, coffre, révisions régulières, parfois plusieurs centaines d’euros par entretien ;
  • les contrefaçons : de plus en plus sophistiquées, elles imposent d’acheter auprès de vendeurs reconnus ou de faire authentifier la montre.

Pensez aussi à l’assurance : une montre de valeur portée au quotidien doit être déclarée à votre assureur, comme vos bijoux. Notre article sur l’importance d’une assurance pour ses bijoux fait le point.

Ce que prévoit la fiscalité à la revente

En France, la revente d’une montre par un particulier est exonérée si son prix ne dépasse pas 5 000 euros. Au-delà, les bijoux sont soumis par défaut à une taxe forfaitaire de 6,5 % du prix de vente (6 % plus 0,5 % de CRDS), sauf option pour le régime des plus-values sur biens meubles, possible si vous pouvez justifier du prix et de la date d’achat. Le classement des montres de luxe, notamment en acier, dans la catégorie des bijoux a fait l’objet de débats devant les tribunaux ces dernières années. Avant une vente importante, renseignez-vous auprès de l’administration fiscale ou d’un professionnel du conseil patrimonial.

Lire aussi :   Napoléon 20 francs en or : poids, caractéristiques, valeur et fiscalité à connaître en 2026

Un investissement plaisir, à aborder avec méthode

Une montre de luxe est un actif particulier : elle se porte, se transmet et peut prendre de la valeur, mais elle reste soumise aux modes et aux cycles du marché. Les acheteurs les plus satisfaits sont souvent ceux qui choisissent d’abord un modèle qu’ils aiment, auprès d’un vendeur fiable, en gardant tous les documents. Cet article présente des informations générales et ne constitue pas un conseil d’investissement personnalisé : votre situation patrimoniale propre mérite l’avis d’un professionnel.