Sur une fiche produit ou dans une vitrine, un même anneau doré peut coûter quinze euros ou plusieurs centaines. La différence tient presque toujours à une appellation : doré, plaqué or, vermeil, gold filled ou or massif. Ces termes ne sont pas des synonymes. Ils décrivent la quantité d’or réellement présente, la tenue du bijou dans le temps et sa valeur à la revente.

L’or massif : de l’or dans toute la masse

Un bijou en or massif est fait d’un alliage d’or dans toute son épaisseur. En France, l’or pur (24 carats) étant trop mou pour la bijouterie, on utilise des alliages : 18 carats (750 millièmes d’or), 14 carats (585) ou 9 carats (375). Seuls les titres officiels permettent l’appellation « or » ; nous avons détaillé les différences entre or 9, 14 et 18 carats et la lecture des poinçons.

Avantages : le bijou ne change pas de couleur avec l’usure, il se répare et se transforme, et il garde une valeur liée au poids d’or qu’il contient. C’est aussi, logiquement, l’option la plus chère.

Le plaqué or : une couche d’or sur un métal de base

Le plaqué or est un bijou en métal non précieux (laiton, cuivre, parfois acier) recouvert d’une couche d’or déposée par électrolyse. En France, les professionnels et la DGCCRF retiennent une épaisseur minimale de 3 microns pour employer l’appellation « plaqué or ». En dessous, le bijou doit être présenté comme doré (ou « dorure »).

Concrètement, un bon plaqué or de 3 à 5 microns peut garder un bel aspect plusieurs années avec un entretien soigneux, alors qu’un bijou simplement doré peut ternir en quelques semaines au contact de la transpiration, des parfums ou de l’eau. Un bijou plaqué ne porte jamais les poinçons de garantie réservés à l’or massif, comme la tête d’aigle.

Lire aussi :   Acheter des boucles d'oreilles créoles en or

Le vermeil : de l’argent massif recouvert d’or

Le vermeil associe deux métaux précieux : une base en argent massif, recouverte d’une couche d’or d’au moins 750 millièmes (18 carats). L’épaisseur couramment exigée par les professionnels est de 5 microns minimum.

Le vermeil est un bon compromis : plus noble et plus durable que le plaqué or, nettement moins cher que l’or massif. Avec l’usure, c’est l’argent qui réapparaît, pas un métal de base susceptible de verdir la peau. Il demande en revanche les mêmes précautions que l’argent, qui peut noircir ; nos conseils pour entretenir les bijoux en argent qui noircissent s’appliquent en partie.

Le gold filled : une appellation venue des États-Unis

Le gold filled, parfois traduit par « or laminé » ou « or rempli », consiste à souder mécaniquement une feuille d’or épaisse sur un cœur en laiton. Selon le standard américain, l’or doit représenter au moins 5 % du poids total du bijou (1/20), souvent indiqué « 1/20 14K GF ».

La couche d’or est bien plus épaisse qu’un plaqué or classique, ce qui donne une très bonne résistance à l’usure. Cette appellation n’a pas de définition propre dans la réglementation française : vérifiez les indications du vendeur et méfiez-vous des usages flous du terme.

Tableau récapitulatif

Appellation Base Or Durabilité Valeur à la revente
Doré métal commun couche très fine (moins de 3 microns) faible quasi nulle
Plaqué or métal commun 3 microns minimum moyenne quasi nulle
Gold filled laiton environ 5 % du poids bonne faible
Vermeil argent massif 5 microns d’or 18 carats environ bonne valeur surtout liée à l’argent
Or massif alliage d’or dans toute la masse excellente liée au poids d’or
Lire aussi :   5 gourmettes en or les plus populaires auprès des fashionistas

Et à la revente ?

C’est la grande différence, et elle compte si vous voyez un bijou comme une réserve de valeur. Un acheteur d’or rachète au poids d’or fin : un bijou en or massif sera évalué selon son titre, son poids et le cours du jour. Les bijoux plaqués ou dorés, eux, ne contiennent qu’une quantité d’or infime et ne sont généralement pas rachetés par les comptoirs. Le vermeil est parfois repris pour sa valeur en argent. Pour comprendre le calcul d’un prix de rachat et la fiscalité, voyez notre guide pour vendre ses bijoux en or.

Comment reconnaître ce que l’on achète

  • Lisez la description : un vendeur sérieux précise toujours l’appellation, le titre et, pour le plaqué, l’épaisseur en microns.
  • Cherchez les poinçons : tête d’aigle pour l’or 18 carats en France, poinçons de garantie pour l’argent ; leur absence sur un bijou présenté comme « or » doit alerter.
  • Méfiez-vous des termes vagues : « couleur or », « finition or », « gold tone » désignent un bijou doré sans garantie de tenue.
  • Comparez le prix au poids : un bijou présenté comme de l’or massif à un prix très inférieur au cours de l’or doit éveiller la méfiance.

Chaque matière a sa place : le plaqué or pour suivre une tendance à petit prix, le vermeil pour un bijou durable et abordable, l’or massif pour un bijou que l’on garde, transmet et qui conserve une valeur intrinsèque. L’essentiel est de savoir exactement ce que l’on paie.